Mardi 3 avril, Jean-Marie Cambacérès et Wenceslas Baudrillart ont rencontré Nicole Maestracci, Présidente de la FNARS (Fédération Nationale des Association d’Accueil et de Réinsertion Sociale). Cette fédération regroupe 850 associations de solidarité qui agissent pour l’accueil, l’hébergement et l’insertion des personnes en difficulté sociale. Voici les 5 propositions défend la FNARS pour l’amélioration de la politique de solidarité.
5 IDÉES pour REPENSER la politique de  SOLIDARITÉ

IDÉE 1 – Pour une protection sociale universelle qui intègre un droit à l’activité


Les difficultés d’accès à un emploi de qualité et de s’y maintenir durablement constituent aujourd’hui, la première source de précarité : alternance entre travail précaire et chômage, progression du phénomène des travailleurs pauvres… Face à cette réalité, malgré des ajustements successifs, notre système de protection sociale apparaît inadapté. Un modèle de société dual s’installe nuisant à la cohésion sociale. Il nous faut repenser nos politiques de solidarité.
PROPOSITION – Reconnaitre un droit universel à l’accompagnement socio-professionnel,
un droit individuel à l’éducation-formation tout au long de la vie et un droit à une allocation
d’activité universelle.

IDÉE 2 – Pour des entreprises sociales et des entreprises ordinaires engagées dans les politiques de solidarité


Trouver un emploi stable devient un véritable défi. Sont particulièrement concernés les jeunes ayant quitté l’école sans qualification, les femmes avec enfants, isolées après une séparation, ou les personnes expérimentées perdant leur emploi dans un secteur d’activité ou les emplois ont disparu. Difficultés familiales et perte de confiance en soi interagissent avec les difficultés professionnelles et l’engrenage de l’exclusion s’installe.
PROPOSITION – Placer au plus vite en emploi ordinaire les personnes qui en sont éloignées en
accompagnant le couple employé/employeur sur la durée.

IDÉE 3 – Pour une consultation sociale de proximité permettant de prévenir et surmonter les accidents de la vie


Un accident de la vie (chômage, séparation, maladie…) est source de fragilité pour tout individu et peut rapidement entraîner isolement et mise à l’écart de la société. L’écoute, le conseil et l’orientation sont nécessaires pour permettre aux personnes et familles concernées de trouver des solutions permettant d’affronter leurs difficultés, d’éviter une dégradation de leur situation et de rebondir. Le recours à l’intervention sociale doit être rendu banal, spontané et accessible à tous.
PROPOSITION – Organiser le réseau des compétences sociales sur les territoires (travailleurs
sociaux des associations, des collectivités locales, agents des CAF, de Pôle Emploi…).

IDÉE 4 – Pour une participation des personnes en situation de précarité à la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques


Qui mieux que les personnes en situation de précarité peut apporter une « expertise d’usage » pour
comprendre les phénomènes d’exclusion et construire des réponses adaptées ? Pourtant, les personnes en
situation d’exclusion sont rarement associées à l’élaboration des politiques publiques. Des freins importants
persistent, comme la perception des autres acteurs qui postulent une incapacité des personnes aidées à se
forger un jugement et à contribuer efficacement à des débats ainsi réservés aux seuls experts.
PROPOSITION – Mettre en place des conseils consultatifs des personnes en situation de pauvreté.

IDÉE 5 – Pour une politique de solidarité efficace qui permette la régulation des services sociaux sur les territoires

L’action sociale est par nature plurielle et transversale car chacune des politiques publiques conduite par l’État ou les collectivités locales comporte une dimension sociale. Malgré la décentralisation, il n’y a pas de vrai pilote de l’action sociale : elle reste dispersée et perd en lisibilité comme en efficacité. Pour les personnes confrontées à des situations sociales difficiles, cela se traduit par un « mille-feuilles » illisible de dispositifs et des changements continuels de statuts, sources de confusion, de rupture et bien souvent d’abandon.
PROPOSITION : Créer des structures interdépartementales de coordination de l’action sociale
pour assurer un pilotage cohérent à un échelon territorial stratégique.

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