Le dernier diner débat de D12 le 3 mai « Chez françoise » avait pour thème : « l’économie sociale et solidaire ».

Comme à l’habitude Jean-marie Cambacérès, en introduction, rappela toutes les actions de D12 depuis le dernier dîner-débat. Il rappela aussi que l’actualité avait été riche et complexe au cours des 2 mois passés : déchéance de nationalité, loi El Khomri, nuits debout, En marche, Eh Oh la gauche, la Belle alliance populaire, etc… Il rappela aussi l’excellente intervention du Président de la République au Théatre du Rond point à laquelle ont assisté plusieurs membres de D12. Même si les sondages ne sont pas à la hauteur de nos espérances, D12 pense que les Français y verront plus clair quand le chômage aura continué a baisser. L’économie globale de la France va mieux mais les Français n’en ont pas conscience encore sur le plan personnel.

Jean-Marie Cambacérès annonça que le 6 mai, D12 mettrait sur son site un questionnaire citoyen sur les 30 propositions de D12, ainsi qu’un rappel des 4 ou 5 décisions significatives prises chaque année depuis 2012. Car beaucoup de nos concitoyens ont la mémoire courte. Dominique Villemot rappela ensuite plusieurs chiffres pour montrer que la France allait mieux, et rappela l’importance de valoriser dans les mois qui viennent le bilan de l’action du Président depuis 2012. Il a rappelé aussi qu’il n’existait pas d’alternative politique à la gauche de la gauche.

Avant de passer la parole aux 3 intervenants, Jean-Marie Cambacérès précisa que D12 avait choisi le thème de l’économie sociale et solidaire car nous pensions que les périodes des croissance ,importante de l’économie étaient derrière nous, et que nous avions besoin d’activités économiques moins basées sur le profit, respectueuses de l’environnement et créatrice d’emplois et de tissus social et territorial. Ce sujet était donc au menu du dîner débat de Démocratie 2012 le 5 mai dernier. Trois intervenants étaient invités pour cerner ce phénomène protéiforme dont les racines philosophiques et économiques sont anciennes mais dont la consécration législative reste toute récente.

Ghislaine HIERSO est la présidente de l’association « Les petits débrouillards ». Sous ce nom sympathique s’abrite une très dynamique association d’éducation populaire. Née sous la houlette des prix Nobel Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak, Les petits débrouillards agissent pour populariser les sciences, aussi bien « dures » que « molles » auprès des jeunes. Constatant cette image élitiste et ésotérique qu’a la science dans tant de milieux où du coup elle est considérée comme inaccessible, Les petits débrouillards développent de multiples actions autour de l’appropriation de la connaissance scientifique vue non pour elle-même mais comme un vecteur d’actions solidaires au service de l’engagement citoyen et du développement durable. De la pomme de Newton à la préférence pour la pêche ou pour le vote les jours d’élection, l’association développe de multiples actions : livres, expositions, participation à la COP21, sites thématiques, l’éventail des initiatives impressionne par sa diversité et par son implantation territoriale. Sociale parce qu’ils s’adressent à des publics qui ne vont pas spontanément au musée des Arts et métiers ou à la Cité des sciences, solidaire parce qu’ils fonctionnent dans un cadre résolument démocratique et non lucratif, Les petits débrouillards illustrent parfaitement ce que l’ESS a de plus vivant et de plus innovant.

Gérard BARRAS est venu témoigner de cette histoire de quarante ans déjà : ARDELAINE. Au départ, un camp de jeunes qui rebâtissent un village médiéval coupé du monde. A l’arrivée une entreprise totalement insérée dans son tissu local, l’Ardèche des profondeurs, qui a reconstitué une filière complète de la laine en s’appuyant sur les 50.000 moutons des bergers avec lesquels elle travaille. Tonte, lavage, cardage, tissage, confection de literies et maintenant aussi de vêtements, tout ceci fait à partir de matériels retrouvés et remis en état dans des usines de textile ardéchoises fermées depuis des années, voire des décennies au nom des « nécessaires » concentrations de l’appareil industriel. Portée par des passionnés, employant des passionnés, vendant à des passionnés, ARDELAINE s’inscrit totalement dans un territoire dont elle refuse la mort programmée. Egalité des salaires, polycompétences, développement organique, diversification lente et toujours maitrisée, ARDELAINE incarne une vision à la fois réaliste et utopique de l’ESS qui fait des émules dans d’autres territoires. (voir l’article sur ARDELAINE sur le site de D12 en septembre 2015)

Wenceslas BAUDRILLART, qui a lui aussi une pratique très concrète de l’ESS avec l’entreprise adaptée qu’il a créée, a dressé le panorama de l’économie sociale et solidaire avec ses principales composantes et des données économiques essentielles. A retenir : avec 2.300.000 employés l’ESS emploie 10,5% de l’effectif salarié en France, distribue 8% des salaires et produit 5% de la valeur ajoutée. En fait il faut nettement distinguer deux mondes regroupés sous la même étiquette : le monde de l’économie réellement sociale et réellement solidaire, celui d’Ardelaine, des Petits débrouillards, des associations locales d’accompagnement des personnes dépendantes, des épiceries solidaires d’une part et le monde d’une économie sous étiquette mutuelle ou coopérative qui en réalité participe du grand mouvement de l’économie mondialisée avec sa puissance et ses dérives, le monde des grandes coopératives agricoles et des grandes banques coopératives. Il a conclu en soulignant les apports de la loi Hamon sur l’ESS, premier texte législatif qui la définisse par ses caractéristiques fonctionnelles et non plus seulement par ses statuts juridiques et qui vise à lui permettre une structuration qui la mettra sur le même pied en termes de représentation que le monde des grandes entreprises et celui des PME.

Dans le débat qui a suivi, plusieurs membres présents se sont exprimés pour donner des avis ou poser des questions. Ce sont à la fois les espoirs soulevés par le développement de ce secteur dans une société structurée par un individualisme croissant et par une compétition exacerbée et les craintes devant la capacité de ces structures à résister à la marchandisation complète des rapports sociaux qui se sont exprimés. C’est pour cela que D12 dans son petit livret de 60 pages intitulé « Pour un nouvel élan », a fait plusieurs propositions pour sécuriser ce secteur économique auquel D12 croit beaucoup.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *