1. un constat : la planète est en danger

La biodiversité est un patrimoine commun à l’humanité et elle est indispensable pour notre survie et pour le développement de nos sociétés. Au-delà de son intérêt intrinsèque, elle fournit, en particulier, un certain nombre de grands biens et services écologiques, sans lesquels nous ne pourrions vivre (agriculture, énergie…). Elle assure également des services plus immatériels reliés au bien être de l’humanité, comme la santé, la qualité de vie…

Il est donc clair que biodiversité et développement (survie ?) de l’humanité sont indissociables. Tout projet de société qui ne prendrait pas en compte ces notions conduirait inévitablement, à plus ou moins long terme, à remettre en cause les conditions de vie de l’homme sur terre. Or, depuis cinquante ans, l’impact de l’homme est massif sur la biosphère. Il se traduit par une perturbation majeure des grands, par un dysfonctionnement important des écosystèmes (effet de serre, érosion des espèces) et probablement par la compromission des capacités évolutives de la biodiversité à long terme. La biodiversité est aujourd’hui menacée dans sa globalité.

Parallèlement, notre société est caractérisée par deux tendances lourdes : une intervention de plus en plus forte sur la nature et une consommation accrue d’énergie. Deux caractéristiques de la biodiversité ont été peu prises en compte jusqu’à aujourd’hui dans ce contexte de relations homme-nature :

  • cette ressource est finie,
  • les services écologiques rendus sont gratuits mais visibles que lorsqu’ils sont reconnus par le marché.

La première caractéristique implique que la biodiversité doive être protégée, conservée et gérée de manière durable si nous voulons maintenir ses capacités évolutives et la préservation des équilibres naturels. C’est un enjeu écologique.

La deuxième caractéristique pose la question du remplacement de services écologiques naturels et gratuits, indispensables à la survie de l’humanité,  par des services technologiques artificiels marchands, le plus souvent assurés par de grandes entreprises internationales. C’est un enjeu de société.

Enfin, il faut souligner que la France a une responsabilité particulière dans le domaine de la biodiversité, tant en métropole que dans les départements et territoires d’outre-mer ou dans le domaine marin. En dehors d’une prise de position générale, voire philosophique, nous sommes donc, nous français, particulièrement concernés par ce sujet. C’est un enjeu international.

Enjeu écologique, enjeu de société, enjeu pour la France : avec la biodiversité nous sommes au cœur du projet socialiste, et nous sommes loin de la perception des enjeux écologiques par N. Sarkozy qui déclarait il y a un an au salon de l’agriculture « l’environnement, ça commence à bien faire » !

2. Une indispensable volonté politique

A. Changer les mentalités !

Il faut d’abord passer d’une approche curative à une approche préventive. Aujourd’hui la biodiversité n’est traitée qu’après les autres problèmes. Or, comme nous savons maintenant que la co-évolution entre l’homme et la nature est notre seule issue, il devient évident que la nature n’est pas un complément, mais au contraire l’autre acteur central, avec l’homme, du développement durable. Inversons la façon d’envisager les questions de société et considérons d’abord les conséquences pour la nature de nos actions.

Un autre changement consiste à passer d’une approche linéaire et sectorielle à une approche intégrative.

Il faut également passer d’une approche statique à une approche prospective.

B. Placer la biodiversité au cœur du développement durable

Vers une compréhension de la nature

  • Recherche en biodiversité

Il faut attribuer à la recherche dans les sciences de la nature  un nombre de postes permettant aux jeunes de s’orienter à nouveau vers ce domaine et renforcer l’attractivité des filières professionnelles dans ce domaine.

  • Education à l’environnement et évolution culturelle

L’éducation à l’environnement doit tendre à la prise de conscience de nos responsabilités et à la modification de nos comportements, dans la tolérance et le respect de chacun. Le ministère de l’Education nationale a un rôle majeur à jouer.

Des actions directes sur la nature

  • Mettre en place un programme de conservation à grande échelle des espaces

Il faut bâtir un programme de conservation à grande échelle des espaces, en évaluant les coûts.

  • Arrêter la perte de biodiversité

Il  faut relancer et financer la création d’espaces protégés et bien gérés dans les zones exceptionnelles, notamment en milieu marin, mais aussi en forêt équatoriale. Le domaine ultramarin doit être prioritaire compte tenue de sa richesse.

  • Connecter les écosystèmes

Face à une fragmentation des grands ensembles naturels, la connexion des différents écosystèmes est une priorité reconnue au niveau international.

Des politiques publiques fortes

  • Définir une nouvelle organisation de la gestion de la biodiversité en France

Au niveau de l’Etat, deux dispositifs complémentaires pourraient être envisagés :

–          la création d’une Agence nationale de la biodiversité qui regroupera toutes les missions concernant la biodiversité,

–          la création d’une Haute autorité de la biodiversité chargée de remettre périodiquement un rapport au Parlement sur l’état de la biodiversité et de veiller à l’exécution des engagements publics.

Au niveau des régions, il est proposé la création d’Agences régionales de la biodiversité, sur la base d’un contrat entre les Collectivités et l’Etat.

  • Financement des actions

Ce financement est actuellement insuffisant. On peut avancer trois propositions :

–          intervenir par le biais de la fiscalité directe,

–          consacrer à la biodiversité une part de l’argent recueilli en application du principe « pollueur payeur »,

–          créer des dispositifs fiscalement attractifs pour les sources potentielles de financement (entreprises, fondations…).

3. Un projet Ancré dans nos valeurs

A. Eco-citoyenneté

La biodiversité est un domaine où les connaissances sont très partagées, où les intérêts sont parfois contradictoires et où les prises de décisions sont multiples (Europe, Etat, collectivités…). Aujourd’hui ces acteurs sont souvent dans une opposition. Là également, il faut changer d’échelle et passer d’une culture de conflits à une culture de débats ou de dialogue.

Par leur proximité avec les citoyens, les Collectivités doivent avoir un rôle central dans la gestion de la biodiversité. Leur rôle traditionnel doit être conservé et accru, mais un nouveau rôle leur revient : celui de la recherche d’une large adhésion des citoyens au projet de société sur la biodiversité.

B. Eco-solidarité

Dans la mesure où les problèmes sont globaux, il est nécessaire de créer une gouvernance mondiale de la biodiversité et consacrer un pourcentage défini du PIB à la conservation de la biodiversité sur des actions concrètes soumises à des obligations de résultats.

conclusion : la biodiversité au coeur de notre projet de société !

La prise en compte de la biodiversité est une garantie universelle d’avenir pour les générations futures, une ressource, une source d’activités qui doit rester, aux travers des décennies, libre d’accès à chaque citoyen. La biodiversité est un patrimoine commun de l’humanité. Aujourd’hui, elle ne semble pas moins menacée que la diversité des peuples, la diversité culturelle, la diversité des modèles de développement. Ces diversités doivent être préservées au nom des valeurs de gauche, et promues, au nom de la démocratie. Le rapport équilibré entre les peuples, et la paix même, en dépendent.

Pour ces raisons, osons placer la biodiversité au cœur de notre projet de société en faisant de sa prise en compte un des axes majeurs de notre programme.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *