Amis, Compagnons et Camarades

Vous savez tous que j’ai voté pour François Hollande lors des dernières Présidentielles et que je me suis efforcé de faire voter en sa faveur les Gaullistes de conviction. Aujourd’hui, 18 mars 2013 j’ai l’honneur de vous indiquer que je ne regrette rien. Non, rien de rien.
Les sondages de popularité sont bas, les élections partielles désastreuses, je m’y attendais. Je pense d’ailleurs qu’il en sera ainsi pendant plusieurs mois encore et je n’en suis pas impressionné. La France est depuis toujours un pays penchant vers la Droite, la Gauche au pouvoir y est toujours attendue de pied ferme par un système médiatique indiscutablement orienté. Il serait donc vain d’attendre qu’il puisse en être autrement. la Droite en France peut survivre à des performances moyennes ou médiocres, la Gauche ne peut gouverner durablement, ce qui n’est d’ailleurs jamais arrivé dans l’histoire républicaine, qu’à partir de très bons résultats. Certains diront que c’est injuste, c’est ainsi
Ces très bons résultats seront-ils au rendez vous ? Je n’en sais rien et vous non plus. Un paradoxe historique veut que les dirigeants Européens soient jugés essentiellement sur l’aspect de leur politique pour lequel ils n’ont désormais qu’une influence limitée, la politique économique et sociale qui dépend de plus en plus d’instances mondiales et Européennes et là est peut-être le plus préoccupant de nos problèmes.
Ce que j’observe d’abord est qu’un effort est en route pour réduire le déficit public. Qu’il soit de 3 % ou de 3,7% fin 2013 m’importe peu. , même s’il eût été préférable d’éviter les effets d’annonce. L’effort est engagé. Je ne suis pas sensible aux critiques de ceux qui voudraient y renoncer, l’extrême gauche, ni aux rodomontades de ceux qui l’ont laissé gagner des sommets.
Cette effort est engagé dans la justice, même si le Conseil Constitutionnel fait ce qu’il peut pour l’empêcher en brandissant la menace du « taux confiscatoire ». Une preuve du caractère juste de l’effort demandé peut être trouvé dans les hurlements des contribuables les plus fortunés, y compris quelques artistes manifestement fascinés par le destin de B.P. Grillo en Italie, comme dans les gémissements, plus récents mais montant en puissance des bénéficiaires de subventions que les lettres de cadrage inquiètent.
L’effort est également engagé en Europe. Peu à peu, l’idée d’une moindre austérité fait son chemin, et la France y a tenu son rôle. Il faut être d’aussi mauvaise foi que le système médiatique dominant pour exiger que du seul fait de l’élection présidentielle Française tout se retourne en un jour. Les Européistes croient toujours que l’Europe est la France en plus grand, là est leur moindre défaut.
J’observe enfin que le nouveau pouvoir cherche à négocier avant de décider. Les Français gardent en tête, et ils ont raison, l’image de d’Artagnan et de Cyrano qui n’étaient ni l’un ni l’autre des négociateurs nés. Ils devraient gardé aussi l’image de présidents qui s’efforçaient de singer ces personnages en poussant des cocoricos. La négociation préalable ralentit peut-être les mouvements, elle les rend plus solides.
Reste évidemment le chômage. Comme je ne suis plus inconditionnel de personne depuis 1969, je regrette un certain manque d’idées nouvelles pour provoquer un redressement de la courbe avant le retour de la croissance, je regrette aussi que ce qui devait être présenté comme un objectif à atteindre, l’inversion de la courbe en 2013 ait été présenté comme un engagement.
Je regrette enfin la tentation toujours présente de la fuite en avant par rejet des responsabilités appelée « Intégration Européenne » que certains bons esprits, visiteurs du soir professionnels, s’obstinent à préconiser. J’observe toutefois qu’aucun signe concret ne montre qu’ils soient écoutés.
Ces réserves, comme d’ailleurs une timidité certaine en matière de politique pénale ou l’emprisonnement reste trop considéré comme la panacée ne suffisent en tous cas pas à ce que je regrette quoi que ce soit. J’ai pris mes décisions en toute connaissance de cause, je ne suis pas déçu.

Etienne TARRIDE

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